L’économie circulaire se veut un concept innovant avec comme idée de réduire, réutiliser, mais aussi recycler nos ressources. Son objectif s’inscrit dans l’air du temps avec une volonté de plus en plus prégnante d’agir pour limiter son impact environnemental en optimisant ses processus. En outre, c’est une approche particulièrement pertinente face aux enjeux actuels, de la durabilité environnementale à l’optimisation des coûts en passant par l’attraction des talents. Ainsi, l’économie circulaire s’invite tout naturellement dans le champ de la gestion des ressources humaines.
Qu’est-ce que l’économie circulaire ? Quel intérêt pour les professionnels des ressources humaines ? Comment mettre en place efficacement et concrètement une stratégie d’économie circulaire ? Suivez le guide, on vous explique tout !
Comprendre l’économie circulaire
Éléments de définition de l’économie circulaire
L’économie traditionnelle se base sur un système dit linéaire qui consiste à produire, consommer puis jeter. L’économie circulaire se démarque de cette approche en visant à minimiser l’utilisation de ressources non renouvelables au regard du poids que le système traditionnel fait peser sur la Terre et l’environnement.
L’économie circulaire se base sur ce triptyque : “réduire, réutiliser et recycler”. Ainsi, l’idée primordiale consiste à élaborer un cycle fermé où les déchets sont transformés, les produits et matériaux conservés et les systèmes naturels régénérés.
Le lien entre économie circulaire et gestion des ressources humaines
Le concept de l’économie circulaire a de quoi séduire des entreprises de plus en plus soucieuses de leur impact, de l’optimisation des coûts, mais aussi de l’image qu’elles renvoient.
Les pratiques issues de ce concept, peuvent être un véritable “game changer” pour :
- améliorer l’engagement et la motivation des salariés ;
- répondre à la quête de sens au travail qu’un nombre croissant de salariés manifestent.
À terme, intégrer l’économie circulaire dans sa gestion d’entreprise s’avère un excellent moyen pour l’entreprise de se positionner en tant qu’acteur responsable afin d’être plus attractif pour attirer les meilleurs talents.
Par ailleurs, l’économie circulaire est un puissant levier pour encourager l’innovation et l’amélioration continue, en combinant celle-ci avec la démarche du lean RH.
Pourquoi l’économie circulaire est-elle intéressante pour les professionnels RH ?
Adopter une économie circulaire dans le cadre de sa gestion des ressources humaines présente de nombreux avantages. En voici les quatre principaux.
L’achat responsable : un levier d’action RH pour l’économie circulaire
Dans le cadre des RH, les décisions d’achat que ce soient pour le mobilier de bureau, les fournitures ou même les équipements informatiques peuvent grandement contribuer à une démarche d’économie circulaire. Opter pour des fournitures écologiques, du mobilier réparable ou fabriqué à partir de matériaux recyclés, et des équipements électroniques éco-conçus ou reconditionnés, non seulement réduit l’impact environnemental mais renforce également l’engagement des employés envers la marque employeur.
L’impact positif de l’économie circulaire sur la marque employeur
Pour attirer, retenir et fidéliser les meilleurs talents, les entreprises doivent être inventives. En s’engageant activement dans l’économie circulaire, l’entreprise renforce sa réputation et s’impose plus facilement en tant qu’acteur responsable et soucieux de l’environnement. Par ailleurs, les collaborateurs sont de plus en plus sensibles aux questions environnementales et nombre d’entre eux aspirent à travailler pour des entreprises qui s’engagent sur ces questions.
L’attrait renforcé auprès des jeunes talents
Les nouveaux entrants sur le marché de l’emploi souhaitent de plus en plus mettre leurs compétences au service d’entreprises qui font preuve de responsabilité environnementale et sociale. La génération Z recherche dans le travail une forme d’accomplissement et s’oriente davantage vers ce qu’on peut qualifier de “job à impact”. C’est ce que révèle une étude publiée en mars 2019 par le CEREQ et dans laquelle on apprend que 78% des 18-24 ans recherchent un emploi qui a du sens et qui leur permet de mieux appréhender l’écoanxiété dont ils souffrent parfois.
L’économie circulaire des compétences
La notion de l’économie circulaire peut s’étendre à la gestion des compétences au sein des organisations. Le partage de salariés entre entreprises, notamment dans des zones géographiques ou des secteurs d’activité similaires, permet une utilisation optimale des compétences et favorise la flexibilité du marché du travail. De plus, la mise en place de systèmes de mentorat et de transfert de connaissances entre générations contribue à la conservation des savoirs au sein de l’entreprise.
Formation et développement durable vers une approche collaborative
L’économie circulaire encourage également une vision collaborative de la formation professionnelle. Des programmes de formation mutualisés, conçus pour répondre aux besoins de plusieurs entreprises d’un même secteur ou d’une même région, permettent de maximiser l’efficacité des ressources dédiées à l’apprentissage et au développement des compétences, tout en favorisant l’échange de bonnes pratiques et l’innovation pédagogique. Les RH peuvent se rapprocher des fédérations professionnelles qui sont proactives à ce sujet. C’est également une solution aux secteurs en tension de recrutement.
Une formation continue des salariés axée sur l’innovation
La transition vers l’économie circulaire nécessite d’acquérir de nouvelles compétences et connaissances. Le rôle des RH est donc primordial pour l’inscrire au plan de développement des compétences. Les RH devront aussi effectuer une veille active sur ce thème de l’économie circulaire afin de proposer des formations pertinentes, innovantes, mais aussi engageantes pour les salariés.
L’optimisation des coûts
La réduction des coûts ainsi que l’efficacité opérationnelle sont des axes de croissance stratégique pour toute entreprise. La meilleure utilisation des ressources permet de réaliser des économies significatives qui permettront de stimuler l’innovation et la productivité. C’est donc un cercle vertueux qui se dégage en permettant à la fois de renforcer l’engagement collaborateur, mais aussi celui de l’entreprise vis-à-vis de ses propres objectifs environnementaux.
L’innovation, essentielle à la transition vers une économie circulaire, peut être stimulée par la collaboration entre entreprises. En partageant des ressources pour la recherche et le développement, notamment dans les domaines de la durabilité et de l’efficacité énergétique, les entreprises peuvent non seulement réduire les coûts mais aussi accélérer l’innovation, créant ainsi un avantage compétitif durable.
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4 cas concrets de l’économie circulaire dans les pratiques RH (avec des exemples)
Pour vous aider à rendre encore plus concret le concept de l’économie circulaire dans les pratiques RH, voici 4 cas d’application concrète.
#1 – L’écoconception de l’environnement de travail
L’écoconception joue un rôle déterminant puisqu’elle participe à l’élaboration d’environnement de travail qui améliore l’expérience collaborateur. Ainsi, en repensant les espaces de travail, l’entreprise peut optimiser l’utilisation de ses ressources tout en minimisant son empreinte écologique. On peut alors imaginer s’équiper de matériaux durables, exploiter au maximum la lumière naturelle afin d’économiser l’énergie ou bien encore implémenter un système de tri des déchets sur le lieu de travail pour encourager le recyclage.
✌️ Le Groupe Danone fait preuve d’un engagement environnemental fort qu’il déploie à travers une démarche RSE innovante. Il agit aussi dans la création d’un environnement de travail positif pour ses salariés et des installations de production plus écologiques afin de renforcer leur bien-être au travail et donc la politique de QVCT.
#2 – Le recyclage des compétences pour capitaliser sur les savoirs existants
L’économie circulaire ne saurait se limiter au seul recyclage des matériaux. En effet, le recyclage des compétences est un axe central de l’économie circulaire. Pour cela, les entreprises doivent élaborer des programmes de formation continue permettant à leurs salariés de rester à la pointe pour faire face aux évolutions du marché. Ce recyclage des compétences peut par exemple prendre la forme d’une optimisation de l’affectation des talents dits seniors. Cette réaffectation peut consister en du mentorat ou bien un partage de talents entre différents pôles de l’entreprise.
✌️Le groupe Orange a mis en place le programme “Orange Campus”. A travers ce dernier, l’entreprise ambitionne de “préparer aux compétences de demain et de cultiver le “savoir apprendre””. Pour ses collaborateurs, l’objectif est d’accéder à des formations permettant de développer des compétences alignées avec les tendances du marché du travail. Du côté de l’entreprise, cela lui permet d’accroître la rétention des talents et de s’assurer que ses collaborateurs disposent de compétences actualisées.
#3 – La gestion de la parentalité en entreprise et l’optimisation de l’organisation du travail
Dans une optique d’économie circulaire, des mesures en faveur de la parentalité s’apparentent à une préservation des compétences et donc des ressources. En effet, agir en faveur de la parentalité et d’une meilleure conciliation de la vie privée et vie professionnelle permet de conserver l’expérience, de préserver le bien-être de ses collaborations tout en améliorant l’efficacité de l’entreprise.
✌️L’Oréal a intégré les principes de l’économie circulaire à sa politique de gestion de la parentalité. En effet, dès 2008, elle a signé une charte de la parentalité dans laquelle elle affirme son engagement à aider les pères et mères de famille à concilier leurs responsabilités professionnelles et familiales. Cela se manifeste par des initiatives comme le “congé Schueller” qui porte le congé maternité de 16 à 20 semaines ainsi que le “mercredi père et mère de famille” qui offre aux parents de moins de 12 ans la possibilité de s’absenter jusqu’à quatre mercredis par mois.
#4 – L’innovation grâce à la diversité et un recrutement plus inclusif
La mondialisation des échanges et de l’économie plaide en faveur de l’ouverture d’esprit. Pour l’entreprise, cela signifie innover en allant recruter des talents venant de divers horizons pour profiter d’une palette de compétences étendue. Cet élargissement du vivier de candidatures se traduit aussi par le fait d’embaucher des personnes issues de milieux parfois défavorisés, s’ouvrir aux personnes souffrant de handicap ou encore ayant des parcours professionnels atypiques.
✌️L’entreprise Sodexo priorise la diversité et l’inclusion dans ses processus de recrutement. Cette initiative est parfaitement alignée sur les principes de l’économie circulaire. En effet, la variété d’idées et de perspectives découlant d’une équipe diversifiée permet de stimuler les innovations en matière de durabilité et d’efficacité qui sont des principes clés de l’économie circulaire. Par ailleurs, grâce au recrutement inclusif, Sodexo maximise l’utilisation efficace des talents, idées et expériences disponibles sur le marché du travail.
Ce qu’il faut retenir de l’économie circulaire appliquée à la gestion RH
En définitive, l’économie circulaire n’est plus seulement un concept environnemental et une question de coûts, elle est devenue un puissant catalyseur du changement pour les pratiques RH. Les principes de l’économie circulaire que sont la réduction, la réutilisation et le recyclage sont nécessaires pour innover intelligemment et optimiser les ressources humaines. À terme, c’est un cercle vertueux qui se met en place et renforce durablement la compétitivité. Pour plus d’informations, n’hésitez pas à consulter les Chambres de Commerce et d’Industrie (CCI), certaines ayant développé des initiatives spécifiques en ce sens.
En adoptant ces principes, les RH peuvent jouer un rôle clé dans la transition vers des modèles d’affaires plus responsables et compétitifs.

